GUERRE EN IRAN : de l’ultimatum à la trêve — in extremis
La semaine a failli basculer dans l’irréparable. Mardi 7 avril, le président Trump a durci le ton jusqu’à l’extrême, menaçant de détruire « chaque pont » et « chaque centrale électrique » en Iran si le détroit d’Ormuz n’était pas rouvert avant 20h, heure de l’Est — des déclarations que des experts juridiques interrogés par la Radio publique nationale (National Public Radio — NPR) ont qualifiées de menaces de crimes de guerre.
Mais l’escalade a été évitée de justesse. Les États-Unis et l’Iran se sont mis d’accord ce même mardi sur un cessez-le-feu de deux semaines, moins de deux heures avant l’expiration de l’ultimatum présidentiel. En échange d’un arrêt des frappes américano-israéliennes, Téhéran a accepté de rouvrir le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite un cinquième du pétrole mondial. Des négociations s’ouvriront vendredi au Pakistan, pays médiateur, pour tenter d’aboutir à un accord définitif.
Trump a qualifié l’accord de « victoire totale et complète », affirmant que les États-Unis « ont déjà atteint et dépassé tous leurs objectifs militaires » depuis le lancement des frappes américano-israéliennes le 28 février. De son côté, le Conseil suprême de sécurité nationale iranien a lui aussi crié victoire, déclarant que « presque tous les objectifs de guerre ont été atteints ».
Sur le plan économique, l’effet a été immédiat : les cours du pétrole américain (West Texas Intermediate — WTI) ont chuté de 8 %, repassant autour de 103 dollars le baril après avoir atteint 117 dollars en séance, tandis que les contrats à terme sur l’indice Standard & Poor’s 500 (S&P 500) bondissaient de plus de 1,6 %.
Cependant, la trêve reste fragile et incomplète. Israël a annoncé soutenir la décision de Trump, mais le Premier ministre Benjamin Netanyahu a précisé que la trêve n’incluait pas le Liban — une position qui contredit celle du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur, qui avait affirmé que le cessez-le-feu s’appliquait « partout, y compris au Liban ».
IMMIGRATION : la machine à expulser ne ralentit pas
La politique migratoire de l’administration Trump continue de susciter une vive inquiétude au sein des communautés immigrées. Malgré des déclarations officielles promettant une approche plus ciblée après des incidents meurtriers à Minneapolis, les données gouvernementales obtenues via la loi sur la liberté d’information (Freedom of Information Act — FOIA) montrent que les personnes sans casier judiciaire représentent toujours 42 % des personnes détenues.
L’Agence américaine de contrôle de l’immigration et des douanes (Immigration and Customs Enforcement — ICE), qui détient actuellement quelque 68 000 immigrants, vise une capacité de 92 600 places de détention d’ici l’automne, rachetant des entrepôts à travers le pays. Fait particulièrement préoccupant : ICE et l’Administration de la sécurité des transports (Transportation Security Administration — TSA) partagent désormais les données des passagers aériens à des fins d’immigration — une pratique défendue par le Département de la sécurité intérieure (Department of Homeland Security — DHS) le 7 avril, qui a déjà conduit à plus de 800 arrestations dans des aéroports en 2026.
Par ailleurs, ICE a procédé à l’arrestation du président palestino-américain de la Société islamique de Milwaukee. Un cas parmi d’autres qui illustre l’élargissement des cibles des opérations fédérales aux leaders communautaires et religieux.
JUSTICE : Steve Bannon blanchi, les droits civiques reculent
La Cour suprême des États-Unis a ouvert la voie au classement sans suite de l’affaire pénale contre Steve Bannon, l’ancien stratège en chef de Trump, en annulant la décision d’une cour d’appel qui avait confirmé sa condamnation pour outrage au Congrès suite à son refus de témoigner sur les événements du 6 janvier 2021.
Sur le front des droits civiques, l’administration Trump a mis fin à des accords de règlement protégeant les élèves transgenres. Une décision qui s’inscrit dans un recul plus large des protections pour les minorités dans l’espace public américain.
UNE NOTE D’ESPOIR : l’humanité repousse ses limites
Au milieu des turbulences politiques, une nouvelle lumineuse : les astronautes de la mission Artémis II (Artemis II) de l’Agence nationale de l’aéronautique et de l’espace (National Aeronautics and Space Administration — NASA) ont battu le record de distance jamais atteint par des humains dans l’espace lors de leur survol lunaire, se rapprochant à environ 4 000 miles de la surface de la Lune.
Sources : National Public Radio (NPR) | Cable News Network (CNN) | CBS News | NBC News | Democracy Now! | The Washington Post
Revue préparée par MalienneMoi.org






































