4 juillet 1776 : quand une déclaration d’indépendance a changé la grammaire du monde

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Chaque année, les États-Unis célèbrent le 4 juillet l’adoption de la Déclaration d’indépendance. Au-delà des festivités, retour sur un texte fondateur dont les principes ont voyagé jusqu’aux indépendances africaines. Premier volet de notre nouvelle série de décryptage de l’actualité internationale.

Un acte fondateur, pas seulement une fête

Le 4 juillet 1776, à Philadelphie, le Congrès continental adopte la Déclaration d’indépendance, rédigée principalement par Thomas Jefferson. Les treize colonies britanniques d’Amérique du Nord y proclament leur séparation de la Couronne. Ce texte constitue l’acte fondateur de la nation américaine même si la reconnaissance juridique de l’indépendance n’interviendra qu’avec le traité de Paris en 1783, et l’architecture institutionnelle avec la Constitution de 1787.

Des principes qui ont fait le tour du monde

« Tous les hommes sont créés égaux » : la formule, révolutionnaire pour son époque, pose les fondements d’une philosophie politique nouvelle, la légitimité du pouvoir repose sur le consentement des gouvernés, et tout peuple a le droit de se gouverner lui-même.

Ces principes ont inspiré la Révolution française de 1789, les indépendances latino-américaines du XIXe siècle, puis les mouvements de décolonisation du XXe siècle.

Impact Afrique & Diaspora : de Philadelphie à Bamako

C’est ici que l’histoire nous parle directement. Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, consacré par la Charte des Nations Unies en 1945, s’inscrit dans la filiation directe de 1776. Les artisans des indépendances africaines: Modibo Keïta, Kwame Nkrumah, Léopold Sédar Senghor ont mobilisé cette même grammaire politique face aux puissances coloniales.

Le paradoxe historique n’échappe à personne : une nation née d’une révolte anticoloniale, mais bâtie aussi sur l’esclavage; une contradiction que les descendants d’Africains aux États-Unis n’ont cessé de rappeler, de Frederick Douglass à aujourd’hui. Son célèbre discours de 1852, « Que représente le 4 juillet pour l’esclave ? », demeure l’une des interpellations les plus puissantes de l’histoire américaine.

Pourquoi cette série

Avec ce premier volet, MalienneMoi inaugure une série consacrée au décryptage de l’actualité internationale : des analyses accessibles, rigoureuses et contextualisées, avec un regard assumé sur ce que ces enjeux signifient pour l’Afrique et sa diaspora.

Parce que mieux comprendre les grands enjeux du monde est une condition essentielle pour mieux y prendre part.

Sources : National Archives (Déclaration d’indépendance, texte intégral) ; Charte des Nations Unies, art. 1(2) ; F. Douglass, What to the Slave is the Fourth of July? (1852).

Aissata Ibrahim Maiga

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