Jeunes filles : saigner entre les jambes…

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Amina est en classe de 7ème. Elle ne maîtrise pas beaucoup cet écoulement de sang qu’elle a commencé à avoir depuis 2 mois maintenant. Elle ne savait même pas que cela arrivait aux femmes avant de vivre cette expérience. C’est Myriam. La responsable de classe, son aînée de plusieurs années qui lui a expliqué que toutes les femmes l’avaient.  Elle lui a également expliqué comment monter une garniture afin d’éviter de tâcher ses vêtements et d’attirer l’attention des parents et des autres adultes.
Il paraît que lorsqu’on a ses règles, c’est le signe du passage à la vie d’adulte. 
Pourtant, Amina ne comprend pas cette désagréable chose qui change aussi brusquement sa paisible vie de cinquième enfant d’une famille malienne vivant à Magnanbougou, un quartier populaire de Bamako. 
Il va être 10h, l’heure de la récréation. Au lieu d’avoir cette joie qu’elle a chaque fois qu’il est possible de quitter la chaleur étouffante de la classe, Amina est inquiète. 
La sensation est là. La petite douleur au bas du ventre. Ça va couler. Et la maison qui est loin. Et les deux heures restantes de classe qui seront longues. Elle n’a pas le choix. Il faut qu’elle rentre. Tant pis pour les heures de français. Elle recopiera les cours avec Myriam, qui comprendra. Pas les autres.

2 COMMENTAIRES

  1. Commentaire: Merci pour cet article, je m’en rejouis car il est temps de briser cette barrière entre parents et enfants. Parler aujourd’hui de cette transformation dans le corps des filles ne doit plus être un tabou.
    Aidons psychologiquement, les jeunes filles à prendre conscience de cela et de l’accepter sans aucune gêne. La seule manière de les aider c’est de rappeller ici la responsabilité des parents dans la gestion de la santé sexuelle de leurs enfants garçons comme filles.
    Ne laissons plus nos pratiques anciennes nous empêcher d’accompagner nos enfants à grandir sans peur afin de devenir des adultes responsables de demain.
    Ramata

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